“آشنایی با فیس بوک”: un pari ambitieux et risqué pour le réseau اجتماعی


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Le réseau social a annoncé jeudi le lancement de son application de rencontres. La veille, une fuite de données de 400 millions d’utilisateurs était révélée.

Alors que Facebook annonçait jeudi le lancement de son service de rencontres “Facebook Dating”, prévu pour 2020 en France, la veille, les données de 400 millions d’utilisateurs de Facebook se retrouvaient dérobées et exposées aux yeux de tous les internautes.  

Un mois plus tôt, le réseau social s’était fait épingler pour avoir écouté certaines conversations d’utilisateurs et en 2018, le scandale Cambridge Analytica, du nom du cabinet d’étude britannique qui avait aspiré les données de 50 millions d’utilisateurs, avait déjà sérieusement écorné son image. 

Des données “intimes” en jeux

L’arrivée sur le marché de “Facebook Dating”, pose donc la question de la sécurité des données privées. Pour Jérémie Mani, spécialiste des réseaux sociaux et président de la société Netino, si le risque n’est pas plus présent que sur le reste du réseau social, c’est la nature des données échangées qui rend le sujet sensible. “Elles sont très personnelles comme les préférences sexuelles qui seront renseignées dans le profil. Ça touche à l’intimité. Donc une fuite risquerait de rendre la plateforme impopulaire”, explique-t-il, précisant qu’un tel événement pourrait également révéler le contenu de conversations. On se souvient du scandale après le piratage du site de rencontres extraconjugales américain ashley madison, en 2015, marqué par la fuite de 32 millions de comptes.  

Sans compter que “Facebook Dating” propose une fonction “secret crush”, qui permet de signifier son intérêt pour un ou une de ses amis Facebook ou Instagram sans qu’il ou elle ne le sache. Si c’est réciproque, les deux en seront informés. “On imagine que si ces “crush” sont rendus publics, ça risque de mettre mal à l’aise certaines personnes”, ajoute Jérémie Mani.  

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Pour l’instant, le service ne permet pas à ses utilisateurs d’échanger des photos. De quoi prévenir l’envoi de photos pornographiques à l’insu du destinataire, mais aussi la fuite de clichés intimes. “C’est tant mieux d’un point de vue sécurité mais moins bien d’un point de vue utilisateur”, commente le spécialiste des réseaux sociaux qui précise toutefois que les tentatives de piratages sont inévitables pour des géants comme Facebook qui en est souvent la cible. 

“Cette société a grandi énormément en 10, 15 ans. Ce n’est jamais arrivée qu’une entreprise réussisse à rassembler 2 milliards d’individus. Donc, forcément, elle essuie les plâtres, car ils vont très vite et laissent passer des failles. Mais je ne pense pas que ça soit volontaire. Ce qui est sûr, c’est qu’en étant leader, on leur pardonne moins de choses”, nuance-t-il.  

Un pari ambitieux mais “pas étonnant”

Le pari est donc ambitieux mais “pas étonnant”, selon Jérémie Mani. Même si le service est réservé aux célibataires, soit environ 10% des utilisateurs du réseau social, ce dernier en compte 2 milliards au total, faisant de lui un gros acteur du marché des sites de rencontre. D’autant que, “quand vous êtes dans une démarche de rencontrer quelqu’un, c’est le moment, avec les concours, où vous êtes le plus disposé à remplir des champs de qualification comme votre poids, votre taille, les études que vous avez faites et vos préférences”, note-t-il. Des données qui ont une grande valeur pour les publicitaires.  

De manière générale, “c’est aux internautes d’être vigilants et de vérifier quelles données ils sont prêts à abandonner à Facebook, car elles serviront à un ciblage publicitaire. Il faut en être conscient”, conclut le président de Netino. Et de conclure : “À voir si les internautes, échaudés par les scandales vont accepter de livrer toutes leurs informations personnelles” et être séduits par “Facebook Dating”. D’autant que la plateforme du réseau social présente encore, pour l’instant, beaucoup moins de fonctionnalités que ses concurrents Meetic et Tinder. 

 

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